Le rythme du blog change ! Eh oui, il ne m'est plus possible de faire un post par jour maintenant que je suis rentré en cours. N'allez pas croire que je débordé de travail, mais mine de rien le japonais est très exigeant et entre les cours et les devoirs (et les sorties) je n'ai plus le temps de partir en excursion photo tous les jours. Je vais donc probablement passer au rythme d'un post tout les trois jours environs, puisque le week end et le mercredi je suis libre comme l'air. Avant de reprendre le récit de mes aventures, je tiens à préciser que Mr.KFC est moins souriant en vrai que sur les affiches et qu'il a un fort accent texan (même si ça ne se voit pas sur les photos) ce qui est tout de même étrange pour quelqu'un qui prétend venir du Kentucky !
Jeudi donc, je ne me suis pas réveillé pour mon cours de japonais à 9h15 (histoire d'être sur que ma prof m'adore) et je suis allé tranquillement à mon rendez vous au Dojo de Sophia à l'heure du déjeuné pour découvrir le Shorinjiru Kempo, un art martial d'auto défense propre au Japon. J'étais en train de me suis caler dans un coin pour regarder l'entraînement en cours quand un des élèves est venu me voir pour me parler et m'inciter à rejoindre le club. Il s'agissait de Keita, capitaine de l'équipe de Sophia et médaillé de bronze de Tokyo en Shorinji Kempo. Super sympa et très ouvert, il m'a proposé une démo qui a bien failli me coûter la vie puisque j'y tenais naturellement le rôle de l'agresseur. Impressionné par les 6 coups de pieds, 12 coups de poings et 24 clés de bras qu'il avait réussi à caser en 5 minutes je remarque qu'il a un bandage autour de la main et lui fais naïvement remarquer que ça doit être vachement violent pour que même un type de son niveau se blesse en combat. Keita a explosé de rire et m'a expliqué qu'il s'était fait mal en tombant un soir de combat mais pas sur le tatami, non dans la rue parce qu'il était complètement ivre après avoir célébré sa victoire avec l'équipe. Et de conclure : "I am fool !". Ça rassure... ;)
Une heure plus tard et après échange de numéros avec Keita pour que je le tienne au courant de ma décision je me rends à mon cours sur les traditions bouddhistes. Et dès mon arrivé dans la salle ça m'a sauté aux yeux et j'ai eut peur, le prof est français. Le truc c'est qu'à Paris la plupart des professeurs français qui donnent un cours en anglais ont un accent à couper au couteau, et se concentrer sur le fond du cours en devient très difficile. Là le verdict a été sans appel, son anglais est très bon, avec un accent mais pas du tout gênant. Le descriptif des séances met l'eau à la bouche et ça a vraiment l'air d'être un bon professeur.
Par contre tout les deux mots il impose un rugueux "HEEUUU" bien déconcertant à son auditoire, ce qui combiné à des phrases interminables donne la méga combo de la death du cours où il est impossible de retenir le fond tellement la forme donne envie de mettre fin aux jours du professeur et d'achever le reste des élèves qui souffrent bien trop pour avoir encore envie de vivre. (Que celui qui a parlé de phrases interminables se dénonce.) Le cours a pourtant l'air intéressant...! Certes le professeur a l'étrange habitude d'imposer à l'ensemble de la classe de réciter un soutra bouddhiste au début de chaque cours, et tous en cœur ça fait un peu secte mais bon, au moins on se sent impliqué ! Je crois que réflexion faite je vais garder ce cours, mais je vais devoir me créer une adresse mail (genre anonyme@dénonciation.com) pour prévenir le professeur de son défaut de locution (parce que HEEEEUUU tout les deux mots c'est juste pas vivable.)
Le soir Melissa a gentiment proposé à Tim et moi de venir avec elle et deux de ses copines pour diner à Shibuya. La première Samoko, était japonaise et a absolument tenue à manger mexicain. La seconde, May (?) était américain et parlait avec un accent trainant du sud. Finalement les deux filles étaient vraiment bizarres et le restaurant mexicain était vraiment très bon. Dédicace spéciale à May (?) qui était complètement à côté de ses pompes. Alors que Tim me demandait si le Français était une langue difficile à apprendre, May intervient en demandant qui pourrait bien vouloir apprendre le français anyway ? Mes collocs de rigoler doucement, et je lui explique donc que je suis français. Et la réaction de May, surréaliste : "Oh ? Mais c'est pas possible. Tu parles anglais. Et en plus tout les français sont snob et hautains, et puis ce sont des crétins. Are you a jerk ?". Heu... no ?
Vendredi je me suis arrangé pour arriver à l'heure en japonais, ce que mon professeur n'a pas plus remarqué que mon absence de la veille et c'est tant mieux. A l'heure du déjeuné je suis retourné au Dojo pour annoncer à Keita ma décision de rejoindre le club de Shorinjiru Kempo. Et là c'était la folie. Tout les mondes était trop content et j'ai du apprendre et oublier en cinq minutes les noms des 40 membres du club qui voulaient tous me féliciter et me souhaiter bienvenue. Après quoi j'ai eut droit à un cours particulier avec l'une des ceintures noires dans un coin du Dojo pour m'apprendre les bases. J'ai vraiment apprécié ce traitement de faveur, parce que les entrainements se déroulent sinon en groupe ce qui est plus dur pour débuter.
Après l'entrainement je suis allé à mon cours sur les problèmes de sexe, de culture et de société au Japon, et c'est avec 15 minutes de retard que mon professeure est arrivée mais ça valait la peine d'attendre. Japonaise cette fois, elle s'exprime fluidement dans un anglais parfait et sans accent. Le programme des séances et la présentation du cours qu'elle nous a fait étaient géniaux, elle-même étant jeune et jolie ce qui ne gâche rien à l'affaire. Mon cours suivant, celui d'Histoire japonaise, était dans un amphi assez éloigné. Du coups quand je suis arrivé il ne restait plus une place assise. Le professeur est Américain et le cours a l'air très intéressant, allant de la fondation de l'empire japonais à nos jours il s'étale sur deux semestres. Seul anecdote vraiment marquante, tous les élèves japonais gardent leurs casquettes, chapeaux et autres couvre-chefs en classe. Une élève avec une casquette rose bonbon a d'ailleurs posé une question en mâchant du chewing-gum, et j'étais étonné (et presque choqué) que le professeur ne lui fasse pas de remarque. Pour finir ma journée je suis allé à Shinjuku acheter mes livres de cours, mais ils étaient tous en rupture de stock. Je n'ai toutefois pas fait le voyage pour rien puisque j'y ai trouvé un magasin de Donuts où il y avait une queue d'au moins 30 personnes. Autant dire que je risque d'aller voir régulièrement si mes livres sont arrivés.
Samedi j'ai montré au club de Shorinji Kempo que je m'engageais sérieusement puisque je suis allé aux 5 heures d'entrainement de 15h à 20h à Sophia. C'était physique, et j'ai eut quatre professeurs particuliers successifs mais j'y ais pris énormément de plaisir. Une autre gaijin, portugaise elle, est aussi venue et a décidé de rejoindre le club. Du coup on s’entrainait à trois avec le professeur et c'était quand même plus sympa que le tête à tête du premier jour, parce que mine de rien ça fait du bien de ne pas être le seul à faire des erreurs ! L'ambiance est vraiment super dans le club, et tout le monde a l'air ravi de me voir là. D'autant plus que j'ai fait du zèle et je suis resté jusqu'au bout alors qu'à partir de 6h c'était "personal practice" (la portugaise est partie ce moment là). Cinq ou six filles du club ont trouvé ma motivation admirable et se sont battues pour me donner des conseils pendant ces deux heures de practice "pas personal du tout" finalement, et c'est tant mieux ;).
Je vous rassure, tout les entraînements ne durent pas cinq heures. Il y a une heure d'entraînement par jour pendant la semaine plus la grosse séance du samedi, ce qui fais quand même du 10h par semaine non négligeable ! Le samedi est aussi un entraînement particulier parce qu'il se déroule sous la tutelle d'un professeur de 80 ans. C'est un tout petit vieillard avec une barbichette blanche et des grosses lunettes (en fait il ressemble à M. KFC en moins gros et en japonais...) qui a l'air tout inoffensif. Mais il faut pas s'y fier. Ainsi à un moment du cours il a demandé à un élève de le saisir par le col de son Dôgui (le kimono). Au début j'avais peur pour lui, je me disait il est tout fragile il va se faire mal ! En fait il a expliqué avec une petite voix chevrotante qu'il est très important de connaitre certains points de pression du corps humain, et d'une main il a gentiment appuyé sur le poignet de l'élève qui le tenait. Et là, en quelques dixièmes de seconde, l'élève s'est écroulé par terre comme une masse, incapable de se controler. Le Senseï a ensuite renouvellé l'expérience alors que l'élève se tenait à une barre fixée au mur, et même résultat toutes les forces de la pauvre victime la quitait d'un coups pour quelques secondes. Mon prof du moment m'a alors appris qu'il avait 80 ans, "but he is strong !". Tu m'étonnes...
Hand ball ou Shorinji Kempo, que choisir me direz vous ? En tout cas une chose est sure, l'équation Gaijin = Sugoï (super) se vérifie parfaitement avec les filles ! Et pour les rageux de basketteurs je m'en fiche puisqu'après l'entrainement j'ai rencontré deux américains qui allaient jouer au basket et s'étaient eux aussi fait éconduire par l'équipe de Sophia pour des raisons obscures. Du coup on a échangé nos numéros et ont va essayer de monter un club parallèle et clandestin pour ceux qui ne sont pas japonais et veulent jouer plus souvent qu'une fois par mois. Sinon samedi soir c'était aussi le dernier soir de Monica, ma colloc allemande ! Tous un peu tristes (moi un peux moins parce que je la connais moins bien, mais je la trouvais quand même super cool) on est allé manger dans un bon restaurant avant de rentrer à l'appart pour jouer au barbus et à "Jamais je n'ai jamais". Finalement j'en ai appris des vertes et des pas mûres sur chacun de mes collocs et Melissa a vomis dans les toilettes et dans son lit. C'était la seule vraiment déchirée (nous on étaient juste ivres) parce qu'elle avait eut la bonne idée de mélanger Gin, bière et vin.
Aujourd'hui je me suis remis de la soirée d'hier (finie vers 5h tout de même) et j'ai accompagné mes collocs à Shinjuku pour acheter un appareil photo pour Jai. C'est à cette occasion que j'ai pris les photos de ce post et qu'on a finalement accompagné Monica jusqu'au train qui l'a emmenée vers Narita Airport. En fait un post pour quatre jours n'est pas du tout assez, et il va falloir que je m'arrange autrement... Je suis désolé si ce post parait surchargé ou peu digeste, mais il y a encore tellement de choses que je n'ai pas put raconter et que j'aurais bien aimé mettre... Je suppose que la prochaine fois je commencerais par écrire, quitte à faire deux posts et à mettre plus de photos. Je n'ai pas encore répondu à tous les mails et autres messages facebook, mais j'ai un trou demain et je vais en profiter pour mettre à jour ma correspondance.
Gros bisoux à tous !!
Gros bisoux à tous !!
2 commentaires:
Est ce qu'on est obligé d'aller jusqu'au Japon pour suivre des cours sur le bouddhisme en anglais dispensés par un prof français?
C'est absolument indispensable.
D'ailleurs j'ai finit par m'habituer à ses tics de langage et maintenant j'arrive à prendre mon pied. Son cours est passionnant. D'ailleurs il s'agit plus spécifiquement de la pratique du bouddhisme au Japon... Il était bien obligé d'utiliser un minimum le contexte ;).
Comment ça se passe pour toi l'info ? Toujours up ou tu commence à gallerer ? Si tu as le temps envoie moi un chti mail ça me ferais plaisir :).
++ !
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