Bonsoir ! Comme me l'on fait judicieusement remarqué quelques fins observateurs, je suis (comme toujours) en retard sur le rythme de parution promis. Le problème c'est que voulant m'investir à fond dans ma mission de visiter le Tokyo underground à la demande de certains, je passe finalement beaucoup de temps à sortir et à récupérer de mes sorties en ce moment. Sur les deux dernières semaines j'ai du vivre deux soirées qui rentrent facile dans le top 5 des cuites les plus intenses de ma vie; et pour ceux qui m'ont déjà vu téléphoner dans une baignoire ou frôler un taxi de près avec un vélib (le taxi était garé...) eh ben c'est pas peu dire. Le groupe de potes que je me suis fait ici est majoritairement composé de clanpins qui ne restent à Tokyo que pour 6 mois, et sentant la fin approcher ils mettent les bouchées doubles. Et moi je trinque (dans tout les sens du terme). Désolé donc, pour mon éthylique irrégularité.
C'est sur, à Tokyo le pousse-pousse ça a un côté touristique prononcé, mais qu'est ce que c'est charmant !
Le gymnase où je vais m'entraîner avec mon équipe de basket a la mauvaise habitude de toujours être situé très loin de chez moi, et je passe pas loin d'une heure et demie à chaque entraînement à faire le trajet. Le bon côté de la chose est qu'au moins j'ai du temps pour papoter avec les autres membres du club. Un soir après l'entraînement de Basket j'ai donc demandé à mes coéquipiers japonais s'ils savaient où je pouvais trouver un quartier un peu "traditionnel", avec des magasins vendant de jolis objets et des souvenirs sympa. Au début ils étaient bien embêtés et me conseillaient d'aller à Kyoto, mais comme ça faisait un peu loin pour une après midi ils ont accepté de se concerter plus avant.
Après une dizaine de minutes de réflexion la réponse leur est apparu comme une évidence, et ils se sont tous écriés en cœur "Asakusa ! Perfect for Japanese souvenir !". Légèrement méfiant j'ai demandé si les japonais y allaient aussi et si c'était pas de la camelote pour touristes, ce qui les a un peu vexé. "Au japon la camelote on connaît pas, que de la bonne qualité mon bon monsieur ! Et oui, les Japonais y vont puisqu'il n'y a quasiment que des Japonais à visiter le Japon !". Une fois rentré, j'ai obtenu confirmation de mes collocs qu'il s'agissait effectivement d'un quartier traditionnel touristique et que ce qu'on y trouvait était généralement de bonne qualité. Un quartier touristique de bonne qualité ? Adjugé, je savais ce que j'allais faire de mon dimanche après midi.
Une des rues "moyennes" qui faisaient la jonction entre les coins ultra touristiques et le quartier un peu plus "authentique".
Dimanche donc, mon petit déjeuné avalé aux alentours de 14h (samedi soir oblige...) j'ai proposé à Benoit de m'accompagner une fois de plus pour une virée à la découverte de Tokyo. Mais pour lui l'appel de l'oreiller s'est avéré plus fort que celui de la rue, et c'est finalement accompagné de mon seul (mais néanmoins fidèle) appareil photo que je me suis mis en route. J'étais déjà brièvement allé à Asakusa, c'est de là que j'avais pris mon train pour Nikko le week-end précédent, mais je n'en avais rien retenu si ce n'est que le trajet en métro pour s'y rendre était horriblement compliqué. Trois changements et 45 minutes de métro plus tard j'arrivais enfin à Asakusa avec la désagréable surprise de déjà trouver la nuit. Et oui, à Tokyo le soleil se couche à 16h30 en hiver, et c'est vite pénible quand on finit les cours à 15h tout les jours.
Faisant contre mauvaise fortune bon coeur j'ai immédiatement été conquis par l'ambiance du quartier. C'était exactement l'ambiance que je cherchais, animé, avec des boutiques et des petites échoppes partout. Bon il y avait aussi les inévitables mégastores sur 7 étages qui vendaient des katana en plastique, mais avec un peu de bonne volonté et de témérité il était possible d'échapper à la fièvre touristique. A force de prendre les ruelles les moins éclairées et de m'éloigner des grandes artères j'ai fini par me retrouver au milieu du coeur traditionnel du quartier, isolé au milieu de la fièvre plastique de la contrefaçon de l'authentique. Bien sur la survie du quartier reposait désormais entièrement sur le tourisme, mais au moins dans cette zone plus calme pouvait on encore occasionnellement apercevoir le traditionnel atelier près de l'entrée qui garantissait que les produits vendus étaient bien de l'artisanat japonais et non de la chaîne Taï.
Des diseurs de bonne aventure comme ça il y en a partout à Tokyo. Notez bien la photo souvenir du pousse-pousse derrière. Pour l'autre angle de la scène direction Picassa !
Au début j'ai pris mon temps, et j'ai flâné entre les boutiques en prenant des photos des diseurs de bonne aventure et autres pousse-pousse (je vous invite d'ailleurs à consulter la galerie picassa que je trouve pour une fois de particulièrement bonne facture. J'ai eut un mal de chien à sélectionner mes dix photos aujourd'hui). Puis le temps passant, j'ai remarqué que les boutiques commençaient à fermer. D'abord ravi en voyant les jolies peintures qui s'étalaient sur les stores métalliques, j'ai vite compris que cela signifiait aussi que je risquais de rentrer chez moi les mains vides. Sans idée précise de ce que je cherchais, je me suis mis à écumer frénétiquement les échoppes encore ouvertes.
"L'entrée de service" du complexe de temples. En fait je ne sais toujours pas pourquoi il n'y avait personne de ce côté là et autant de monde de l'autre.
Au bout d'un moment toutes les petites échoppes étaient fermées, et je me suis mis à suivre les quelques passants qui traînaient encore dans le coin faute de mieux à faire. Grand bien m'en a pris. Asakusa ce n'est pas que le quartier des souvenirs, c'est aussi de très jolis temples, et moi les temples j'adore (vous commenciez à vous en douter non ?). Par un coups de chance je suis arrivé au complexe de temples par les coulisses, et j'ai pu avoir plusieurs bâtiments grandioses rien que pour moi alors que la foules des touristes se pressait de l'autre côté de la façade. Je parles de "complexe de temples" parce que les temples ont l'air d'être toujours plus ou moins concentrés en gros paquets au milieu de grands parcs naturels ici.
Les vigilants mastiffs qui montent la garde devant tout ce qui est précieux ici. Pour l'instant j'en ai vus devant des temples, des sanctuaires, des magasins et une banque.
J'ai finalement rejoint les allées principales du complexe, où j'ai pu constater pour la énième fois que les Japonais au Japon sont exactement comme on les imagines devant la Tour Eiffel à Paris. Ils sont toujours en train de crier "photo ! photo !" et de se planter en plein milieu de ton cadre juste pour t'embêter. Bon, peut être que emporté par l'enthousiasme de la foule je me suis moi aussi mis à hurler "Photo ! Photo !" et peut être que je me suis planté bien au milieu devant une ligne de photographes innocents juste pour me venger, peut être. Mais ce qui est sur c'est qu'il faudra que vous retrouviez les clichés pour me faire avouer, et ça, ça va pas être facile. En tout cas si je l'ai fait j'ai aussi pu constater pour la énième fois que faire le "Gaijin un peu fou" c'est toujours aussi drôle.
J'en vois déjà froncer des sourcils au fond, "c'est peut être drôle pour toi, égoïste ! Mais penses tu aux pauvres Japonais traumatisés ?". Eh bien je leur répondrais que c'est de bonne guerre, parce que de temps en temps les Japonais font bien suer les Gaijin aussi. Petite anecdote sur le sujet absolument délicieuse qui m'est arrivée jeudi matin. Mon cours de Japonais quotidiens se déroulait sans accroc quand sur le coup de 10 heures j'entends depuis la rue des bruits de haut-parleurs. Le son se rapproche et je commence alors à distinguer ce qui ressemble à des vociférations en Japonais. Un peu intrigués, je continue toutefois à suivre le cours. Puis tout d'un coup la camionnette sur laquelle étaient juchés les fameux haut parleurs déboule dans la rue qui longe notre classe et se gare juste sous nos fenêtres. Dans la mesure où notre salle de classe est située au rez-de-chaussée, on avait non seulement une magnifique vue plongeante sur la camionnette mais on étaient en plus totalement assourdis par le volume des enceintes.
Les rangées de lanternes en papier, y a que ça de vrai ! La photo est volontairement assombrie pour mettre en valeur les Kanji dessinés sur les lampions. Pour voir la même photo en lumière "naturelle" direction Picassa.
Comme un seul homme la classe s'est évidemment ruée sur les fenêtres pour admirer le spectacle et c'est là que j'ai remarqué des affiches de types propagande de la seconde guerre scotchées sur toutes les fenêtres du bruyant véhicule. Notre professeur était devenue rouge comme une pivoine, alors que le type dehors continuait de hurler à s'en casser la voix ce qui ressemblait maintenant à un flot d'insultes. Un peu obligée de s'expliquer devant nos regards interrogateurs, la prof s'est contentée de dire qu'il s'agissait de l'extrême droite, "pas très bien dans sa tête", et que le monsieur voulait que les étrangers rentrent chez eux pour rendre le Japon aux Japonais. Ce qui m'a le plus choqué dans l'histoire c'est l'indifférence des piétons qui passaient dans la rue. Le mec qui hurlait a finit par vraiment se casser la voix et la camionnette a redémarré et tout s'est terminé dans un fou rire (un peu nerveux) général. Je suis quand même content de ne pas avoir été dehors au moment où le dingue est passé...
Il est courant d'avoir vu sur la cuisine en passant devant un restaurant dans les quartiers un peu populaires. Ici le cuisinier m'a chassé à grand cris quand il m'a vu prendre la photo.
Diantre quelle parenthèse ! Avec tout ça Asakusa n'avance pas. Je suis de toutes façons rentré peu après avoir (peut être) fait le mariole avec les photographes japonais et ma fin de journée à Asakusa s'est terminée par un long et ennuyeux voyage de retour en métro. En tout cas une chose est sure, cette après midi à Asakusa m'a donné envie d'y retourner mais de jour cette fois !
A venir, un post spécial Arakicho, le quartier "mal famé" de Tokyo. Brrr !
Le gymnase où je vais m'entraîner avec mon équipe de basket a la mauvaise habitude de toujours être situé très loin de chez moi, et je passe pas loin d'une heure et demie à chaque entraînement à faire le trajet. Le bon côté de la chose est qu'au moins j'ai du temps pour papoter avec les autres membres du club. Un soir après l'entraînement de Basket j'ai donc demandé à mes coéquipiers japonais s'ils savaient où je pouvais trouver un quartier un peu "traditionnel", avec des magasins vendant de jolis objets et des souvenirs sympa. Au début ils étaient bien embêtés et me conseillaient d'aller à Kyoto, mais comme ça faisait un peu loin pour une après midi ils ont accepté de se concerter plus avant.
Après une dizaine de minutes de réflexion la réponse leur est apparu comme une évidence, et ils se sont tous écriés en cœur "Asakusa ! Perfect for Japanese souvenir !". Légèrement méfiant j'ai demandé si les japonais y allaient aussi et si c'était pas de la camelote pour touristes, ce qui les a un peu vexé. "Au japon la camelote on connaît pas, que de la bonne qualité mon bon monsieur ! Et oui, les Japonais y vont puisqu'il n'y a quasiment que des Japonais à visiter le Japon !". Une fois rentré, j'ai obtenu confirmation de mes collocs qu'il s'agissait effectivement d'un quartier traditionnel touristique et que ce qu'on y trouvait était généralement de bonne qualité. Un quartier touristique de bonne qualité ? Adjugé, je savais ce que j'allais faire de mon dimanche après midi.
Dimanche donc, mon petit déjeuné avalé aux alentours de 14h (samedi soir oblige...) j'ai proposé à Benoit de m'accompagner une fois de plus pour une virée à la découverte de Tokyo. Mais pour lui l'appel de l'oreiller s'est avéré plus fort que celui de la rue, et c'est finalement accompagné de mon seul (mais néanmoins fidèle) appareil photo que je me suis mis en route. J'étais déjà brièvement allé à Asakusa, c'est de là que j'avais pris mon train pour Nikko le week-end précédent, mais je n'en avais rien retenu si ce n'est que le trajet en métro pour s'y rendre était horriblement compliqué. Trois changements et 45 minutes de métro plus tard j'arrivais enfin à Asakusa avec la désagréable surprise de déjà trouver la nuit. Et oui, à Tokyo le soleil se couche à 16h30 en hiver, et c'est vite pénible quand on finit les cours à 15h tout les jours.
Faisant contre mauvaise fortune bon coeur j'ai immédiatement été conquis par l'ambiance du quartier. C'était exactement l'ambiance que je cherchais, animé, avec des boutiques et des petites échoppes partout. Bon il y avait aussi les inévitables mégastores sur 7 étages qui vendaient des katana en plastique, mais avec un peu de bonne volonté et de témérité il était possible d'échapper à la fièvre touristique. A force de prendre les ruelles les moins éclairées et de m'éloigner des grandes artères j'ai fini par me retrouver au milieu du coeur traditionnel du quartier, isolé au milieu de la fièvre plastique de la contrefaçon de l'authentique. Bien sur la survie du quartier reposait désormais entièrement sur le tourisme, mais au moins dans cette zone plus calme pouvait on encore occasionnellement apercevoir le traditionnel atelier près de l'entrée qui garantissait que les produits vendus étaient bien de l'artisanat japonais et non de la chaîne Taï.
Au début j'ai pris mon temps, et j'ai flâné entre les boutiques en prenant des photos des diseurs de bonne aventure et autres pousse-pousse (je vous invite d'ailleurs à consulter la galerie picassa que je trouve pour une fois de particulièrement bonne facture. J'ai eut un mal de chien à sélectionner mes dix photos aujourd'hui). Puis le temps passant, j'ai remarqué que les boutiques commençaient à fermer. D'abord ravi en voyant les jolies peintures qui s'étalaient sur les stores métalliques, j'ai vite compris que cela signifiait aussi que je risquais de rentrer chez moi les mains vides. Sans idée précise de ce que je cherchais, je me suis mis à écumer frénétiquement les échoppes encore ouvertes.
Au bout d'un moment toutes les petites échoppes étaient fermées, et je me suis mis à suivre les quelques passants qui traînaient encore dans le coin faute de mieux à faire. Grand bien m'en a pris. Asakusa ce n'est pas que le quartier des souvenirs, c'est aussi de très jolis temples, et moi les temples j'adore (vous commenciez à vous en douter non ?). Par un coups de chance je suis arrivé au complexe de temples par les coulisses, et j'ai pu avoir plusieurs bâtiments grandioses rien que pour moi alors que la foules des touristes se pressait de l'autre côté de la façade. Je parles de "complexe de temples" parce que les temples ont l'air d'être toujours plus ou moins concentrés en gros paquets au milieu de grands parcs naturels ici.
J'ai finalement rejoint les allées principales du complexe, où j'ai pu constater pour la énième fois que les Japonais au Japon sont exactement comme on les imagines devant la Tour Eiffel à Paris. Ils sont toujours en train de crier "photo ! photo !" et de se planter en plein milieu de ton cadre juste pour t'embêter. Bon, peut être que emporté par l'enthousiasme de la foule je me suis moi aussi mis à hurler "Photo ! Photo !" et peut être que je me suis planté bien au milieu devant une ligne de photographes innocents juste pour me venger, peut être. Mais ce qui est sur c'est qu'il faudra que vous retrouviez les clichés pour me faire avouer, et ça, ça va pas être facile. En tout cas si je l'ai fait j'ai aussi pu constater pour la énième fois que faire le "Gaijin un peu fou" c'est toujours aussi drôle.
J'en vois déjà froncer des sourcils au fond, "c'est peut être drôle pour toi, égoïste ! Mais penses tu aux pauvres Japonais traumatisés ?". Eh bien je leur répondrais que c'est de bonne guerre, parce que de temps en temps les Japonais font bien suer les Gaijin aussi. Petite anecdote sur le sujet absolument délicieuse qui m'est arrivée jeudi matin. Mon cours de Japonais quotidiens se déroulait sans accroc quand sur le coup de 10 heures j'entends depuis la rue des bruits de haut-parleurs. Le son se rapproche et je commence alors à distinguer ce qui ressemble à des vociférations en Japonais. Un peu intrigués, je continue toutefois à suivre le cours. Puis tout d'un coup la camionnette sur laquelle étaient juchés les fameux haut parleurs déboule dans la rue qui longe notre classe et se gare juste sous nos fenêtres. Dans la mesure où notre salle de classe est située au rez-de-chaussée, on avait non seulement une magnifique vue plongeante sur la camionnette mais on étaient en plus totalement assourdis par le volume des enceintes.
Comme un seul homme la classe s'est évidemment ruée sur les fenêtres pour admirer le spectacle et c'est là que j'ai remarqué des affiches de types propagande de la seconde guerre scotchées sur toutes les fenêtres du bruyant véhicule. Notre professeur était devenue rouge comme une pivoine, alors que le type dehors continuait de hurler à s'en casser la voix ce qui ressemblait maintenant à un flot d'insultes. Un peu obligée de s'expliquer devant nos regards interrogateurs, la prof s'est contentée de dire qu'il s'agissait de l'extrême droite, "pas très bien dans sa tête", et que le monsieur voulait que les étrangers rentrent chez eux pour rendre le Japon aux Japonais. Ce qui m'a le plus choqué dans l'histoire c'est l'indifférence des piétons qui passaient dans la rue. Le mec qui hurlait a finit par vraiment se casser la voix et la camionnette a redémarré et tout s'est terminé dans un fou rire (un peu nerveux) général. Je suis quand même content de ne pas avoir été dehors au moment où le dingue est passé...
Diantre quelle parenthèse ! Avec tout ça Asakusa n'avance pas. Je suis de toutes façons rentré peu après avoir (peut être) fait le mariole avec les photographes japonais et ma fin de journée à Asakusa s'est terminée par un long et ennuyeux voyage de retour en métro. En tout cas une chose est sure, cette après midi à Asakusa m'a donné envie d'y retourner mais de jour cette fois !
A venir, un post spécial Arakicho, le quartier "mal famé" de Tokyo. Brrr !
ps : Je suis content de voir que le sondage a quand même donné les gros posts gagnants ! Et soulagé de voir que les enchiladas ont aussi reçues quelques votes, par contre vous n'avez pas l'air d'adorer picassa... Voilà l'occasion d'un nouveau sondage !