lundi 15 décembre 2008

"Traditional" Asakusa

Bonsoir ! Comme me l'on fait judicieusement remarqué quelques fins observateurs, je suis (comme toujours) en retard sur le rythme de parution promis. Le problème c'est que voulant m'investir à fond dans ma mission de visiter le Tokyo underground à la demande de certains, je passe finalement beaucoup de temps à sortir et à récupérer de mes sorties en ce moment. Sur les deux dernières semaines j'ai du vivre deux soirées qui rentrent facile dans le top 5 des cuites les plus intenses de ma vie; et pour ceux qui m'ont déjà vu téléphoner dans une baignoire ou frôler un taxi de près avec un vélib (le taxi était garé...) eh ben c'est pas peu dire. Le groupe de potes que je me suis fait ici est majoritairement composé de clanpins qui ne restent à Tokyo que pour 6 mois, et sentant la fin approcher ils mettent les bouchées doubles. Et moi je trinque (dans tout les sens du terme). Désolé donc, pour mon éthylique irrégularité.

C'est sur, à Tokyo le pousse-pousse ça a un côté touristique prononcé, mais qu'est ce que c'est charmant !

Le gymnase où je vais m'entraîner avec mon équipe de basket a la mauvaise habitude de toujours être situé très loin de chez moi, et je passe pas loin d'une heure et demie à chaque entraînement à faire le trajet. Le bon côté de la chose est qu'au moins j'ai du temps pour papoter avec les autres membres du club. Un soir après l'entraînement de Basket j'ai donc demandé à mes coéquipiers japonais s'ils savaient où je pouvais trouver un quartier un peu "traditionnel", avec des magasins vendant de jolis objets et des souvenirs sympa. Au début ils étaient bien embêtés et me conseillaient d'aller à Kyoto, mais comme ça faisait un peu loin pour une après midi ils ont accepté de se concerter plus avant.

Une de mes photos favorites. Je n'ai par contre aucune idée de ce que préparait le cuisinier.

Après une dizaine de minutes de réflexion la réponse leur est apparu comme une évidence, et ils se sont tous écriés en cœur "Asakusa ! Perfect for Japanese souvenir !". Légèrement méfiant j'ai demandé si les japonais y allaient aussi et si c'était pas de la camelote pour touristes, ce qui les a un peu vexé. "Au japon la camelote on connaît pas, que de la bonne qualité mon bon monsieur ! Et oui, les Japonais y vont puisqu'il n'y a quasiment que des Japonais à visiter le Japon !". Une fois rentré, j'ai obtenu confirmation de mes collocs qu'il s'agissait effectivement d'un quartier traditionnel touristique et que ce qu'on y trouvait était généralement de bonne qualité. Un quartier touristique de bonne qualité ? Adjugé, je savais ce que j'allais faire de mon dimanche après midi.

Une des rues "moyennes" qui faisaient la jonction entre les coins ultra touristiques et le quartier un peu plus "authentique".

Dimanche donc, mon petit déjeuné avalé aux alentours de 14h (samedi soir oblige...) j'ai proposé à Benoit de m'accompagner une fois de plus pour une virée à la découverte de Tokyo. Mais pour lui l'appel de l'oreiller s'est avéré plus fort que celui de la rue, et c'est finalement accompagné de mon seul (mais néanmoins fidèle) appareil photo que je me suis mis en route. J'étais déjà brièvement allé à Asakusa, c'est de là que j'avais pris mon train pour Nikko le week-end précédent, mais je n'en avais rien retenu si ce n'est que le trajet en métro pour s'y rendre était horriblement compliqué. Trois changements et 45 minutes de métro plus tard j'arrivais enfin à Asakusa avec la désagréable surprise de déjà trouver la nuit. Et oui, à Tokyo le soleil se couche à 16h30 en hiver, et c'est vite pénible quand on finit les cours à 15h tout les jours.

Certains magasins étaient encore plus intéressants une fois fermés.

Faisant contre mauvaise fortune bon coeur j'ai immédiatement été conquis par l'ambiance du quartier. C'était exactement l'ambiance que je cherchais, animé, avec des boutiques et des petites échoppes partout. Bon il y avait aussi les inévitables mégastores sur 7 étages qui vendaient des katana en plastique, mais avec un peu de bonne volonté et de témérité il était possible d'échapper à la fièvre touristique. A force de prendre les ruelles les moins éclairées et de m'éloigner des grandes artères j'ai fini par me retrouver au milieu du coeur traditionnel du quartier, isolé au milieu de la fièvre plastique de la contrefaçon de l'authentique. Bien sur la survie du quartier reposait désormais entièrement sur le tourisme, mais au moins dans cette zone plus calme pouvait on encore occasionnellement apercevoir le traditionnel atelier près de l'entrée qui garantissait que les produits vendus étaient bien de l'artisanat japonais et non de la chaîne Taï.

Des diseurs de bonne aventure comme ça il y en a partout à Tokyo. Notez bien la photo souvenir du pousse-pousse derrière. Pour l'autre angle de la scène direction Picassa !

Au début j'ai pris mon temps, et j'ai flâné entre les boutiques en prenant des photos des diseurs de bonne aventure et autres pousse-pousse (je vous invite d'ailleurs à consulter la galerie picassa que je trouve pour une fois de particulièrement bonne facture. J'ai eut un mal de chien à sélectionner mes dix photos aujourd'hui). Puis le temps passant, j'ai remarqué que les boutiques commençaient à fermer. D'abord ravi en voyant les jolies peintures qui s'étalaient sur les stores métalliques, j'ai vite compris que cela signifiait aussi que je risquais de rentrer chez moi les mains vides. Sans idée précise de ce que je cherchais, je me suis mis à écumer frénétiquement les échoppes encore ouvertes.

"L'entrée de service" du complexe de temples. En fait je ne sais toujours pas pourquoi il n'y avait personne de ce côté là et autant de monde de l'autre.

Au bout d'un moment toutes les petites échoppes étaient fermées, et je me suis mis à suivre les quelques passants qui traînaient encore dans le coin faute de mieux à faire. Grand bien m'en a pris. Asakusa ce n'est pas que le quartier des souvenirs, c'est aussi de très jolis temples, et moi les temples j'adore (vous commenciez à vous en douter non ?). Par un coups de chance je suis arrivé au complexe de temples par les coulisses, et j'ai pu avoir plusieurs bâtiments grandioses rien que pour moi alors que la foules des touristes se pressait de l'autre côté de la façade. Je parles de "complexe de temples" parce que les temples ont l'air d'être toujours plus ou moins concentrés en gros paquets au milieu de grands parcs naturels ici.

Les vigilants mastiffs qui montent la garde devant tout ce qui est précieux ici. Pour l'instant j'en ai vus devant des temples, des sanctuaires, des magasins et une banque.

J'ai finalement rejoint les allées principales du complexe, où j'ai pu constater pour la énième fois que les Japonais au Japon sont exactement comme on les imagines devant la Tour Eiffel à Paris. Ils sont toujours en train de crier "photo ! photo !" et de se planter en plein milieu de ton cadre juste pour t'embêter. Bon, peut être que emporté par l'enthousiasme de la foule je me suis moi aussi mis à hurler "Photo ! Photo !" et peut être que je me suis planté bien au milieu devant une ligne de photographes innocents juste pour me venger, peut être. Mais ce qui est sur c'est qu'il faudra que vous retrouviez les clichés pour me faire avouer, et ça, ça va pas être facile. En tout cas si je l'ai fait j'ai aussi pu constater pour la énième fois que faire le "Gaijin un peu fou" c'est toujours aussi drôle.

L'un des temple un peu isolé du complexe. Je ne me lasse pas de cette architecture.

J'en vois déjà froncer des sourcils au fond, "c'est peut être drôle pour toi, égoïste ! Mais penses tu aux pauvres Japonais traumatisés ?". Eh bien je leur répondrais que c'est de bonne guerre, parce que de temps en temps les Japonais font bien suer les Gaijin aussi. Petite anecdote sur le sujet absolument délicieuse qui m'est arrivée jeudi matin. Mon cours de Japonais quotidiens se déroulait sans accroc quand sur le coup de 10 heures j'entends depuis la rue des bruits de haut-parleurs. Le son se rapproche et je commence alors à distinguer ce qui ressemble à des vociférations en Japonais. Un peu intrigués, je continue toutefois à suivre le cours. Puis tout d'un coup la camionnette sur laquelle étaient juchés les fameux haut parleurs déboule dans la rue qui longe notre classe et se gare juste sous nos fenêtres. Dans la mesure où notre salle de classe est située au rez-de-chaussée, on avait non seulement une magnifique vue plongeante sur la camionnette mais on étaient en plus totalement assourdis par le volume des enceintes.

Les rangées de lanternes en papier, y a que ça de vrai ! La photo est volontairement assombrie pour mettre en valeur les Kanji dessinés sur les lampions. Pour voir la même photo en lumière "naturelle" direction Picassa.

Comme un seul homme la classe s'est évidemment ruée sur les fenêtres pour admirer le spectacle et c'est là que j'ai remarqué des affiches de types propagande de la seconde guerre scotchées sur toutes les fenêtres du bruyant véhicule. Notre professeur était devenue rouge comme une pivoine, alors que le type dehors continuait de hurler à s'en casser la voix ce qui ressemblait maintenant à un flot d'insultes. Un peu obligée de s'expliquer devant nos regards interrogateurs, la prof s'est contentée de dire qu'il s'agissait de l'extrême droite, "pas très bien dans sa tête", et que le monsieur voulait que les étrangers rentrent chez eux pour rendre le Japon aux Japonais. Ce qui m'a le plus choqué dans l'histoire c'est l'indifférence des piétons qui passaient dans la rue. Le mec qui hurlait a finit par vraiment se casser la voix et la camionnette a redémarré et tout s'est terminé dans un fou rire (un peu nerveux) général. Je suis quand même content de ne pas avoir été dehors au moment où le dingue est passé...

Il est courant d'avoir vu sur la cuisine en passant devant un restaurant dans les quartiers un peu populaires. Ici le cuisinier m'a chassé à grand cris quand il m'a vu prendre la photo.

Diantre quelle parenthèse ! Avec tout ça Asakusa n'avance pas. Je suis de toutes façons rentré peu après avoir (peut être) fait le mariole avec les photographes japonais et ma fin de journée à Asakusa s'est terminée par un long et ennuyeux voyage de retour en métro. En tout cas une chose est sure, cette après midi à Asakusa m'a donné envie d'y retourner mais de jour cette fois !
A venir, un post spécial Arakicho, le quartier "mal famé" de Tokyo. Brrr !

ps : Je suis content de voir que le sondage a quand même donné les gros posts gagnants ! Et soulagé de voir que les enchiladas ont aussi reçues quelques votes, par contre vous n'avez pas l'air d'adorer picassa... Voilà l'occasion d'un nouveau sondage !

dimanche 7 décembre 2008

Nikko

C'est vrai, ça fait une semaine sans nouvelles, que 6 posts en Novembre, plus de sondages, "c'est plus comme avant" dirons certains... Je veux bien essayer de me motiver pour poster plus souvent (en plus c'est débile j'ai au moins 5 posts d'avance en ce qui concerne les photos) mais je vais avoir besoin de votre soutient ! Le petit bouton "commenter" en bas de chaque post je ne veux pas que vous l'utilisiez pour dire "oua c'est cool ton blog jtekiff" mais par contre j'adorerais que vous l'utilisiez pour me donner de vos nouvelles, me dire si il y a des trucs en particulier que vous voudriez savoir sur le Japon, ce que vous en pensez vous de tout ça et en profiter pour me dire ce qui vous est arrivé à vous récemment. Bref, créer un peu de vie, "comme au début...". Récemment je me suis sentie un peu seul ici, c'est pour ça aussi que je n'étais pas très motivé pour écrire...

Le fameux "Sacred bridge". En voyant ça on sentait déjà que Nikko allait envoyer du lourd.

Quoi qu'il en soit me voilà, et pour faire un post particulièrement frustrant en plus. Les photos que vous voyez là je les aies prises lors de ma première expédition en dehors de Tokyo. Et oui la fameuse ! C'est là que je me rends compte que j'ai vraiment pris du retard... Nikko donc, se trouve à 2 heures de train de Tokyo et est une destination très prisée des Tokyoïtes comme nous l'avons découvert à nos dépend. C'est magnifique, c'est classé par l'Unesco, mais c'est très touristique. Ce post est frustrant parce que vous remarquerez sans doute le ciel blafard qui gâche toutes les photos ou presque. J'ai pris environs 300 photos qui auraient dû être magnifiques (parce que quand tu prends quelque chose de beau en photo pas besoin d'être Patrick Tosani pour que ce soit beau) et à la place j'ai eut un mal fou à en trouver 10 de potables à mettre ici. Tout ça parce que la météo était pourrie et parce que je suis encore visiblement incapable de me servir correctement de mon appareil.

Un encensoir géant devant l'un des premiers grand temple. Il y avait tout au long du parcours des endroits comme ça où on pouvait assister aux petits rituels Shinto des visiteurs japonais.

Enfin je me plains mais cette journée était géniale. Jai, Benoit et Alice étaient de la partie et ce sont de joyeux drilles donc on ne s'est pas ennuyés. Après le voyage en train passé à dormir (levé à 6h oblige) on s'est un peu baladés dans la ville avant d'aller s'acheter tout un tas de junk food dans un supermarché local en guise de petit déjeuné. Une fois l'indispensable "photo touriste devant le Sacred Bridge" dans la boite on s'est enfin lancés à l'assaut du complexe de temples et de châteaux qui est l'attraction principale de Nikko.

Cette allée était fermée au public. Il y avait au moins un millier de lanternes en pierre comme celles-ci, parfois rassemblées pour former d'impressionants bataillons, parfois montant la garde en solitaire.

Nikko il faut le voir pour le croire. C'est un parc gigantesque dans lequel sont rassemblés une centaine de temples et de pagodes plus impressionnants et travaillés les uns que les autres. La surenchère est le maître mot, et en trois heures on avait toujours pas visité la moitié de ce qu'il y avait à voir. On aurait presque envie de s'en lasser mais on y arrive pas. Les intérieurs des temples se ressemblent et on a vite la flemme d'enlever ses chaussures après la cinquantième fois, mais les décors naturels et l'architecture toujours plus travaillée ne cessent d'émerveiller.

La beauté du cadre naturel joue pour beaucoup dans l'émerveillement que suscite Nikko.

Du coups la visite se transforme vite en une épreuve d'endurance, surtout quand on atteint les coins les plus populaires tels que la tombe des trois singes de la sagesse ou le temple de la chatte endormie. Après deux heures de visite et un paquet de marches au compteur, jouer des coudes et faire encore une demi-heure de queue pour voir telle ou telle statue célèbre relève de l'exploit. Toutefois la foule n'a pas que du mauvais puisqu'elle vient aussi ajouter au spectacle:

Petite séance photo pour ces deux garnements pas très sages. Celui avec les lunettes n'arrêtait pas de tirer la langue.

Mais nous n'étions pas venus à Nikko pour nous contenter de temples, aussi magnifiques soient-ils. Parce qu'au Japon en automne il y a une activité à laquelle on ne peux pas se soustraire, le Momijigari. Littéralement la "chasse aux feuilles d'automne", le Momijogari demande de se déplacer au bon moment si l'on veux profiter des plus belles couleurs, et justement Nikko était une destination de choix au moment de notre visite. Pour imaginer l'ampleur du phénomène il faut quand même savoir que la progression et le changement de couleur des feuilles fait l'objet d'un dossier spécial à chaque journal télévisé pendant toute la période concernée.

J'adore les toits des temples avec leurs dragons d'inspiration chinoise et leurs éléphants d'inspiration indienne.

Sur le coups de 3h, l'estomac dans les talons, nous avons donc pris un bus qui allais nous emmener en haut de l'une des montagne qui domine Nikko. Après une heure de trajet sur une route sinueuse longeant une falaise, on avait semés les touristes et on se sentait enfin vraiment loin de Tokyo. Perdus dans un petit village de montagne, on a put admirer une magnifique chute d'eau haute de 75 mètres. Le décors était sauvage, et la couleur des feuilles était vraiment magnifique (malheureusement gâchée sur les photos par la luminosité du ciel).

Encore des dragons. Je ne m'en lasse pas.

Comme la nuit commençait à tomber et qu'il faisait vraiment froid Jai (qui n'avait pas d'autre protection que deux T-shirts...) est allé se réfugier dans un petit bouiboui pendant qu'avec Ariel et Benoit nous explorions plus avant le village. L'air pur, les montagnes, les feuilles de l'automne, tout ça créait une atmosphère magique. Le village était en plus situé au bord d'un grand lac ou on pouvait faire du Pédalo dans des cygnes géants en plastique. Il était malheureusement trop tard pour ça, mais la vue du lac était quand même magnifique.

Le côté sauvage du petit village de montagne.

Épuisés et affamés on a retrouvé Jai à la porte de son bouiboui grelottant de froid. Apparemment quand il a voulu s'installer pour manger la patronne du lieu lui a ordonné de sortir et lui a barré le chemin en lui montrant la porte. On ne sait toujours pas trop ce qui s'est passé, mais en tout cas la tenancière n'avait pas dû voir souvent un Indien en T-shirt visiter son établissement. Elle a peut être eue peur (pourtant Jai n'est pas vraiment un personnage inquiétant...). Après cette mauvaise expérience nous avons été très bien accueillis dans un autre restaurant où nous avons mangé à une table basse, assis en tailleur à même le sol. J'ai cru que j'allais devoir me faire amputer des deux jambes, mais les udon (grosses nouilles en soupe) étaient excellents.

Le lac de montagne. Il fallait le mériter, mais le jeu en vallait la chandelle.

Enfin rassasiés et réchauffés on a fait le tour des petits vendeurs du village, apparemment spécialisé dans le travail du bois. On y a vu de très belles choses très chères et on s'est finalement rabattus sur le magasin pour touristes situé près de la gare de Nikko. Le retour s'est déroulé comme à l'allée, en dormant. Seul évènement marquant, deux très jolies japonaises assises en face de nous dans le train on décider de casser la croûte et s'étaient préparé un pic-nic qui sentait particulièrement fort. Leur sex-appeal pourtant considérable en a pris un coups et nous on a dû changer de wagon.

Les petits magasins d'artisanat comprenaient aussi pour la plupart un atelier.

Et voilà pour Nikko. J'espère que vous prendrez quelques minutes aussi pour me raconter un peu votre vie aussi maintenant ! Certains d'entre vous ont beaucoup apprécié l'album facebook que j'ai mis en ligne sur ma soirée "drunken bowling", alors j'en profite pour lancer un nouveau sondage ! Et je vais aussi rajouter une galerie picasa "Nikko", parce que même si la lumière est pas top il y a quand même de jolies photos. Et puis ce serait dommage que vous ne sachiez même pas à quoi ressemblent les trois singes de la sagesse après tout ça ! A très bientôt pour de nouvelles aventures, j'ai vraiment beaucoup de photos en stock...

jeudi 27 novembre 2008

Hyatt Hotel Elevator

Je commence par une photo parce que sinon il y en qui vont encore râler (bouh la vidéo c'est pas comme la photo, ça bouge, c'est moche) et aussi parce que j'adore cette photo tout simplement. J'aime bien la superposition de la vue avec la cabine sophistiquée un peu style sous-marin... Imaginez, "embarquer sur le sous-marin du ciel"... Bon ok je vais dormir juste après ça promis.


Cette fois c'est au Hyatt Hotel et à sa ses ascenseurs panoramiques que je consacre une petite vidéos. Personnellement je trouve que le début est cool, le milieu est long et la fin est brutale. Et puis bon c'est un peu floue hein. Mais pourquoi je la met celle-là ?



Juste pour le délire, une pub croisée dans le métro. Parce que certains ne reculent devant rien quand il s'agit de marketing...


Vous l'aurez compris, j'ai une nouvelle montre (ou pas). Bon le second gros post sera pour plus tard. D'ailleurs je devrais espacer un peu mes efforts au lieu de vous bombarder une fois tout les trois ans... Enfin le post suivant sera historique car le premier à vous montrer le Japon en dehors de Tokyo ! Et il devrait être là avant la fin du week end. En fait j'aimerais bien réussir à faire au moins 10 posts en novembre sinon ça va faire tache dans les archives.

Une partie de Shogui

Comme promis, voici la première "vidéos surprise" qui illustre en fait ce dont j'ai parlé dans le post précédent. Malheureusement je ne me suis senti assez à l'aise pour filmer qu'à la toute toute fin de la partie, donc on ne voit pas les joueurs discuter stratégie avec les observateurs.



En bonus une petite photo des participants, un peu floue parce qu'à ce moment là j'utilisais mon zoom et je n'osais pas encore les déranger.


A suivre, la seconde vidéo complémentaire.

Shinjuku Metropolitan Government Office

Oui je sais, j'ai pas assuré les posts ces derniers jours (semaines, mois, années ?) mais comme mentionné précédemment j'ai eut des mid-terms exams et rien qu'hier j'ai veillé jusqu'à 6h du matin pour finir mon mid-term paper sur le Bouddhisme. Mais maintenant c'est bon, je n'ai plus de travail jusqu'à fin janvier ! Par contre je ne reviendrais probablement plus jamais à un rythme aussi soutenu qu'au début, parce que je tiens à ce que mes posts restent intéressants à écrire et à lire. Comme je commence à bien m'habituer aux petites bizarreries japonaises du quotidien, maintenant il me faut du lourd, du scoop, pour que je me mettes à trier mes photos. Mais rassurez-vous ! Non seulement j'ai encore quelques photos en réserve, mais en plus j'ai bien l'intention de vivre autant de "scoops" que possible tant que je suis ici ! Bon, sur ce entrons dans le vif du sujet, Shinjuku (encore ?).

Une petite rue à côté de chez moi, très animée la nuit !

Non, pas "encore", parce qu'un des trucs chouette à Tokyo c'est que chaque quartier est tellement gigantesque qu'on peut le visiter trois fois de suite et ne jamais voir deux fois la même chose. En l'occurrence j'avais un week end de trois jours et je voulais en profiter pour sortir un peu de Tokyo et enfin voir le Japon profond. Mon colloc Jai a suggéré Nikko, à deux heures en train de Tokyo c'est une ville inscrite au patrimoine mondiale de l'Humanité et c'est là que l'on peux entre autre admirer les fameux trois singes : "To see no evil, to speak no evil, to hear no evil". Après quelques rapides recherches j'ai appris qu'une sorte "d'office du tourisme du Japon" se trouvait à Shinjuku, dans le Metropolitan Government Office, et j'ai décidé d'aller m'y renseigner pour mon escapade du lendemain à Nikko.

Le côté "nature" de Shinjuku. L'entrée du parc dont il est question dans le post est visible tout au fond derrière la camionnette blanche.

La première bonne surprise était que le centre en question était ouvert jusqu'à 18h30, une performance dans un pays où tout ferme à 16h, et ce un dimanche, veille d'un jour de congé nationale qui plus est. Le MGO (vous avez compris, sinon conférer le titre du poste et buvez un peu de café) est situé dans un coin de Shinjuku où je n'ai pas l'habitude d'aller, plein de buildings et de grands hôtels légèrement excentré par rapport aux restaurants, bars et autres lieux de divertissement auxquelles ont s'attend dans le coin. C'est l'un des gratte-ciel les plus impressionnant du coin, avec un observatoire ouvert au public et gratuit au dernier étage. Evidement ça je ne l'ai appris qu'après... Enfin j'y retournerais de toute façon.

Le MGO. Ici on ne voit qu'une seule des deux tours qui le composent.

En effet j'ai été très bien accueilli au centre pour touristes par une charmante hôtesse qui s'est révélée très efficace, bien documentée et rapide ! Je n'ai même pas eut besoin d'attendre, il y avait plus d'employés que de visiteurs. Ma mission rondement menée je me suis retrouvé dans ce coin un peu paumé de Shinjuku avec deux heures à tuer. En effet j'avais rendez vous pour le diner dans un Izakaya nomihodai de Shinjuku et je ne voulais pas faire l'aller-retour. Du coup je me suis promené un peu au hasard et j'ai finalement trouvé un grand parc très agréable.

Une photo prise avant que je comprenne ce qu'il se tramait ici. Elle m'a attiré pas mal de regards réprobateurs.

J'ai fait plusieurs rencontres étranges dans ce jardin une fois la nuit tombée. Tout d'abord j'ai croisé un groupe d'Ojiisan (Grands-pères) en train de jouer au Shogui à la lumière des réverbères. Le Shogui est l'équivalent japonais des échecs, qui serait apparemment encore plus tactique. Il faisait vraiment très froid et j'étais surpris de les voir très peux couverts, immobiles à jouer sous la lumière blafarde de l'éclairage public du parc. Au début je n'osais pas trop m'approcher mais ils se sont finalement montrés très accueillants et m'ont fait une petite place pour que je puisse aussi profiter des parties en cours.

Le très "hype" lobby du Hyatt Hotel. Les trois colonnes noires à droite ce sont les ascenseurs.

Je suis heureusement arrivé peu de temps avant la fin de la partie (il faisait vraiment froid) et mes Ojiisan ont remballé leur matériel et sont partis tous ensembles vers une destination inconnue pendant que moi-même entrait dans ce qui ressemblait à une galerie d'art perdue au milieu des bois. Finalement il s'agissait plutôt d'une "maison de la culture" où s'activaient toutes les mères du quartier à s'échanger ragots et bons plants en faisant semblant d'admirer les quelques toiles suspendues aux murs blancs. En poursuivant ma ballade au hasard des sentiers je suis tombé sur un attroupement très étrange illuminé par des grands projecteurs. En m'approchant un peu je me suis rendu compte qu'il n'y avait quasiment que des personnes âgées, faisant la queue pour une raison qui m'échappait encore.

L'esthétique si particulière de certaines publicités japonaises... J'en ajouterais une autre qui m'a bien fait rire avec une vidéo.

J'ai finit par repérer mes Ojiisan de tout à l'heure dans l'attroupement, et j'ai compris pourquoi ils étaient là. Il s'agissait en fait d'une distribution gratuite de vêtements chauds pour les plus démunis, presque exclusivement des grands-pères comme mes paisibles joueurs de Shogui. Ca m'a fait tout chose. La situation des personnes âgées au Japon est souvent dramatique, et ça me fait toujours bizarre de voir un vieux grand-père cassé en deux avec un manteau usé jusqu'à la corde et des chaussures trop grandes entrer dans un Hyakuen shop pour acheter les même nouilles premier prix que moi... Sauf que moi j'ai un manteau chaud à ma taille et je fais ça pour pouvoir me payer des sorties en dehors de Tokyo.

L'Izakaya. Le sol est en tatami, on s'assoit par terre en glissant ses jambes sous la table. Notez la petite tellière décorative, so authentic !

Après cet épisode un peu déprimant je suis entré dans un tout autre monde en passant devant le Hyatt Hotel où loge Bill Muray dans Lost in Translation. Je n'ai pas résisté à la tentation et en prenant un air très digne je suis entré dans le lobby pour visiter l'endroit. Et je n'ai pas été déçu, entre les restaurants et bars ultra branchés j'ai pu profiter des conversations des business man américains qui blaguaient bruyamment avec leur hôtes japonais plus policés (personne n'est à l'abris des clichés, et surtout pas les business man américains hu hu hu). Prenant mon courage à deux mains je suis monté dans l'ascenseur panoramique donnant accès aux chambres et je suis monté jusqu'au dernier étage pour admirer la vue. Par contre je n'ai pas réussi à trouver le fameux bar où Bill Murray rencontre Scarlett Johansson, apparemment parce que j'ai pris le mauvais ascenseur... Une fois encore il faudra peut être que j'y retourne.

Les interminables quais du métro, à faire pâlir la SNCF.

Finalement l'heure de mon rendez-vous est arrivée et on s'est retrouvés à une dizaine dans un Izakaya pur jus pour profiter de deux heures de Nomihodai, que du bon ! Je ne connaissais que l'organisateur de la soirée et mon colloc Tim donc j'ai en plus rencontré pas mal d'autres étudiants en échange. Après l'Izakaya j'ai essayé pour le première fois le bowling à Tokyo pour me rendre compte que c'est non seulement très bon marché (3 parties pour 10 euros) mais qu'en plus l'ébriété y est tolérée voir prônée, ce qui rend le challenge d'autant plus intéressant !

Ici les gens font la queue de manière disciplinée devant les emplacements désignés à cet effet. Enfin, ça se bouscule quand même un peu au moment d'entrer dans le wagon.

Par contre les animations sur les écrans au-dessus de la piste sont en pixels verts unicolores et ne valent pas du tout celles du bowling d'Olonne-sur-mer, et ça en pleins centre de la "capitale de la technologie" ça fait tache. L'expérience était quand même très concluante et vous pouvez trouver les photos de la seconde session de "drunken bowling" organisée la semaine suivante sur facebook. Pendant le voyage du retour j'ai réussi à prendre quelques photos du métro JR de Tokyo dont je ne suis pas peu fier. Cherchez bien, il y a pas mal de détails amusants dans chacune des photos, saurez-vous les trouver ?

Mais qu'est-ce qu'il me veut ce Gaijin avec son appareil photo ?

C'est vrai que ça faisait longtemps ! Bon je vais manger et je vous met deux petites vidéos surprises en ligne. Après on verra si je refais un gros poste ou pas, mais rien n'est moins sur dans la mesure où je n'ai dormis que 3 heures la nuit dernière. Certes sur la fin j'avais l'impression d'avoir atteint le Nirvana et ce matin en cours de japonais j'avais l'impression d'être complètement ivre mais je ne tiens pas à reproduire l'expérience plus souvent que nécessaire.

mardi 18 novembre 2008

Shorinji Kempo


Et non, le blog n'est pas (complètement) mort ! C'est juste qu'en ce moment c'est ma mid-term week, comprendre des exams à gogo pendant une semaine dans toutes mes matières. Du coups la semaine précédente j'ai beaucoup révisé (si si ! Je vous assure !) et en ce moment je compose, alors forcément je n'ai pas trop le temps de vous pondre un post. Mais dès les examens passés ça repars ! Pour que vous n'ayez pas lu ces lignes pour rien, une petite vidéos quand même. C'est la mode pour les posts courts.



Il s'agit d'une compétition de Shorinji Kempo, centrée ici sur les frappes (il y a aussi des compétitions pour les prises) à laquelle participais mon club Dimanche dernier. J'ai trouvé comment enregistrer le son en même temps que l'image alors profitez en pour savourer les "Hajime" et autres "fighto" criés par le public et le l'arbitre. Il faut encourager le combattant avec le ruban rouge dans le dos, c'est celui qui vient de mon club et je me suis battu contre lui samedi dernier ! J'ai enfin eu l'honneur lors de mon dernier entrainement de revêtir l'attirail de protection au complet et de combattre au cours d'un simulacre de compétition. C'est lui qui a gagné et il a faillit me détruire la machoire au passage, mais il est très sympa !

dimanche 9 novembre 2008

Meiji Shrine !

J'ai posté deux fois aujourd'hui ! Oui oui oui. Alors pour lire ça dans l'ordre on ferme les yeux, on descend un peu, et on commence par "Sophia Festival !"

Vendredi soir après le concours de danse et l'ouverture du Sophia Festival j'avais encore une soirée de prévue. Un allemand en échange à Sophia que je ne connaissais pas, mais ami avec Benoit, organisait dans son vaste appartement une préchauffe en vue d'une soirée en boite. La boite était l'une des plus célèbre de Tokyo, située à l'extérieure de la ville mais apparemment gigantesque. Et comme c'était Halloween, l'entrée était gratuite pour les gens déguisés. Le rêve quoi. Sauf que je ne suis allé qu'à la préchauffe... Mais pourquoi ??? Dirons les plus fêtards d'entre vous. Eh bien parce que samedi matin je participais à un tournoi de basket organisé pour le Sophia festival, mais laissez moi déjà terminer la soirée de vendredi !

L'arrivée de la procession devant le Meiji Shrine. A ce moment là on ne savait encore rien de ce qui nous attendait ! Et vous non plus si vous lisez ce post dans l'ordre.

En rentrant du Sophia Fest je me suis donc déguisé en loup pendant que Benoit enfilait son costume de Kitsune et nous sommes allés tel Rox et Rocky (remarque très pertinente de Benoit) acheter de la bière dans un combini où on nous a regardé avec des yeux ronds. Dans le métro c'était encore plus drôle, surtout qu'on entendait des "kawaii" résonner sur notre passage et que j'arrivais à comprendre certains commentaires chuchotés dans le métro. Arrivé chez l'allemand j'ai passé un excellente soirée, on était une petite dizaine dont les deux tiers déguisés et il y avait de la bière pour tout le monde.

Un brasero à l'entrée du parc sous la vigilante garde des boy scout japonais.

Après c'est sur qu'au moment de me séparer du groupe qui partait en boite pour rentrer chez moi avec le dernier métro je n'étais pas super heureux, mais c'était pour la bonne cause me disais-je, fou que j'étais. Finalement le tournoi de basket était assez amusant mais très loin de ce que j'avais imaginé. Il n'y avait pas moins de 16 équipes en lice sur deux terrains de basket, avec tout une foule de supporters et de curieux. Comme toujours avec les clubs et les circle à Sophia ça envoyait du gros lourd. Par contre les matchs étaient très court (15 minutes, on a pas le temps de se gourer) et à élimination directe. Du coups j'ai joué un match et la moitié d'un autre et c'était fini pour moi. Mon club présentait en fait 4 équipes et du coups je ne connaissais pas mes coéquipiers, ce qui est d'autant plus frustrant sur des matchs aussi courts.

Encore la procession, avec un lampion de tête cette fois. Je crois que les grands lampions servaient à représenter les différents quartiers de la "ville" entourant le temple.

Une expérience un peu frustrante donc, mais quand même amusante. Surtout qu'on a eut droit à un show pom pom au moment de la pause déjeuné, et les filles étaient très douées ! Hyper syncro (et pourtant très nombreuses, une trentaine) elles étaient de véritables athlètes enchaînant des figures et des sauts impressionnants. J'ai essayé de filmer certains morceaux d'anthologie avec mon portable mais ça n'a rien donné. Imaginez un peu une fille qui se fait envoyer en l'air par ses camarades et fait un grand écart en touchant ses pieds à 4 mètres du sol ! (Et on arrête de rigoler grassement au fond).

La lumière était magique dans le parc.

J'étais finalement libre dès l'heure du déjeuné, alors j'ai profité un peu du festival de jour, bien plus animé que la veille au soir. J'ai aussi testé la maison hanté que mon club de Kempo avait mis sur pied et je dois avouer qu'ils avaient fait du très bon boulot. Ils ont d'ailleurs eu beaucoup de succès et ont récolté un peu plus de 200 000 yens (1500 euros !) en trois jours. Vers 5 heures je suis rentré à la maison récupérer Benoit à la petite cuillère pour aller visiter le Meiji Shrine que Janis (l'allemand de la veille) nous avait recommandé et où Benoit tenait à m'accompagner. C'est là que j'ai découvert qu'il s'était fait dessiner des moustaches de renard au marqueur sur la figure et que j'ai un peu regretté mon tournoi de basket...

Tout autour de la grande place du temple des étalages d'offrandes s'offraient à la vue des fidèles et des curieux. Ici deux fidèles très curieuses.

En arrivant à la station du Meiji Shrine, Yoyogi, on a croisé un groupe de fans collés à la vitre d'un studio, derrière laquelle leur artiste préféré était en train d'enregistrer son prochain album. Le concept est plutôt fun je trouve, et j'ai pris une photos toute floue de l'artiste en question, à voir sur... je vous laisse deviner. Ensuite on a vu passer une procession de japonais habillés en kimonos traditionnels et portant des petits lampions. Autant dire qu'à ce moment là on était déjà très contents, mais le meilleur restait à venir. Parce qu'en suivant la procession, on s'est aperçus qu'elle se rendait justement au Meiji Shrine.

En arrière plan le portail d'entrée principal donnant sur la grande cours du Temple. Au premier plan la procession des habitants du quartier éclairée uniquement par des lampions.

Nous avions en fait choisit pile le jour du cinquantième anniversaire de la reconstruction du temple pour le visiter ! D'où la procession qui n'était en fait que l'apéritif si je j'ose dire. Tout le parc entourant le temple était magnifiquement illuminé par des petits lampions disposés tout le long du chemin, de nuit l'ambiance était surréaliste, magique, on s'attendait à voir Chihiro surgir à chaque instant. D'autres lumières étaient cachées entre les arbres leur donnant des reflets bleus, violets ou verts. La voûte des arbres surplombant le chemin, le silence, tout était parfait. Et le parc était tellement grand que malgré un grand nombre de visiteurs tout le monde était dispersé, et on avait toujours l'impression d'être seul dans un pays imaginaire.

Le Teiko en cuir et en bois, avec son virtuose de batteur.

Le temple lui-même était aussi très joliment éclairé, même si la foule y était là plus visible. Après quelques minutes passées à prendre des photos, des agents de sécurité nous ont demandé de reculer pour vider le centre de la place et l'entourer de cordons de sécurité. Après le discours d'un vieil homme à l'allure fort respectable, toute la procession de japonais en kimonos traditionnels et lampions à la main que Benoit et moi avions aperçu plus tôt est arrivée pour remplir la place. J'ai par la suite appris qu'il s'agissait des habitants du quartier. Un second discours a été suivit d'un concert de violon par un soliste plutôt doué et un peu décalé. La scène était très amusante, tout ces japonais d'un âge respectable en costume traditionnel en train d'écouter un violoniste portant un costume rayé d'un autre âge à la Al Caponne avec une moustache digne de Rhett Butler sur fond de temple Bouddhiste en bois massif, ça m'a fait sourire.

Une petite fontaine est placée à chaque entrée du Temple pour permettre aux fidèles de se purifier les mains et la bouche avant d'entrer.

Le violon a été suivit d'un nouveau discours très amusant cette fois, puisqu'il m'a donné l'occasion de crier mon premier "Banzaï" depuis mon arrivée au Japon. Après quelques phrases visiblement très solennelles, l'orateur nous a tourné le dos et s'est incliné trois fois, imité à l'unisson par tout son auditoire. Puis il a crié trois fois "Banzaï !" en levant les bras au ciel, et là encore le millier de japonais et les deux touristes français de la place l'ont imité comme un seul homme. Étonnamment ça m'a un peu émus. Mais le clou du spectacle, ce qui m'a vraiment fait vibrer au plus profond de mes entrailles, venait juste après.

Les pelouses du parc étaient constellées de lampions.

Après toutes ces manifestation du folklore japonais qui auraient chacune suffie à contenter mille fois le touriste qui sommeille en moi, nous avons eu droit à une authentique démonstration de Teiko ! Le mot Teiko en Japonais désigne un tambour traditionnel, qui faisait ici un bon mètre cinquante de hauteur. Le batteur est arrivé en kimono, puis après s'être incliné, s'est défait de la partie supérieure de son costume pour laisser apparaître son torse musclé. Et la transe a commencée. D'abord à un rythme lent, ses coups répétés sur le tambour faisaient surgir au plus profond de moi une vibration puissante qui venait autant de la maîtrise de son geste que des ondes bien réelles produites par l'énorme instrument. De plus en plus rapidement, cassant le rythme pour revenir de plus belle avec une sciences calculée, le batteur m'a emmené dans une rêverie magnifique, le jeux des muscles sous sa peau se calquant sur le rythme scandé par ses cris d'effort pour former une danse hypnotique. J'ai essayé de filmer un peu au début, mais sans le son, sans les vibrations qui viennent du sol, de l'air et de tout les autres personnes debout à côté de soi, l'exercice perd bien trop de son surnaturel intérêt.

Retour au Tokyo moderne avec un vendeur de Ramen ambulant. Il installe son échoppe pour la soirée et propose un repas chaud pour un prix défiant toute concurrence. Estomacs sensibles s'abstenir.

J'ai peur de ne pas avoir réussi à vous transmettre ce que j'ai ressenti à ce moment là, et au mieux d'avoir affiché un intérêt suspect pour la musculature du batteur, mais il faut le vivre pour le croire. C'était magnifique. En tout cas ce sera tout pour aujourd'hui (deux posts vous allez pas vous plaindre !) mais je serais bientôt de retour puisque j'ai encore assez de photos pour faire encore deux posts supplémentaires. Et maintenant qu'elles sont toutes classées, j'ai plus vraiment d'excuse. Je vous embrasse très fort en attendant que vous me racontiez ce qui vous a fait vibrer vous, cette semaine.

Sophia Festival !

Bon je sais, j'avais dis jeudi soir et on est dimanche soir (au Japon en tout cas), mais je suis trop Isogashiiii comme disent ces chers Nippons ! Enfin, comme j'ai pleins de photos à écouler je vais vous offrir deux ou trois posts d'affiler avec un peu moins de texte que d'habitude. Ça veut pas dire que vous en aurez moins, mais juste qu'il y aura plus de photos dedans. Tout bénéf non ?

Ça n'a pas été facile de choisir parmi toutes mes photos de jolies filles déguisées... J'ai gardé celle-là parce que je trouve que la soubrette avec des ailes de démon c'est quand même fort.

Pour reprendre mon récit où je l'avais laissé, la semaine qui a suivi la mémorable intervention de ces messieurs de la police était la semaine d'Halloween ! Vous vous en souvenez sûrement, j'avais brièvement évoqué le problème de mon costume dans un court poste vidéos. Parce qu'au Japon Halloween c'est la grande folie: tout le monde est déguisé, tout les magasins se transforment en citrouilles et les sorcières sortent au grand jour. Une grande soirée Halloween était d'ailleurs organisée par mon Université le jeudi soir, et comme au Japon les choses se font à fond où ne se font pas, l'accès à la soirée était interdit aux personnes non costumées. Toujours sans costume le mercredi soir, j'ai un peu commencé à paniquer.

Incroyable mais vrai, une tête de citrouille à l'échelle d'un bâtiment de 15 étages. A Sophia les associations d'élèves sont toutes puissantes.

Heureusement Benoit m'a un peu malgré lui sauvé la vie puisqu'il a trouvé le bon plan du siècle pour son costume, se déguiser en mascotte ! Un des plus grand magasin fourre-tout de Tokyo s'appel Don Quichotte, et est reconnaissable au Gigantesque Pingouin bleu qui trône au sommet de l'immeuble-magasin. Ce pingouin bleu apparaît d'ailleurs dans l'une des premières scènes de "Lost in Translation" quand Bill Murray traverse la ville en taxi, ainsi que dans l'un de mes précédents posts. Saurez vous le retrouver ? Un indice, c'est à Shinjuku que ça se passe, à vingt minutes à pied de chez moi.

La grande scène du festival. Notez bien la taille des enceintes sur la gauche, du vrai matos de pro. L'organisation était impressionnante !

Le bon plan c'est qu'un costume de mascotte complet coûte 10 euros, alors que le rendu final est excellent. Benoit s'était déjà acheté son costume de Kitsune (renard) mais m'a quand même accompagné à 22h pour aller acheter le mien, car Don Quichotte comme beaucoup de magasins à Tokyo est ouvert 24 heures sur 24. Shinjuku la nuit vaux son pesant de cacahouètes et j'ai donc pris mon appareil photo. C'est à cette occasion que j'ai pris la photo de la cagoule de clown vraiment flippante.

Il y avait encore pas mal de monde déguisé vendredi, pour mon plus grand plaisir. Toutes les méthodes sont bonnes pour récupérer des clients au Sophia Festival !

J'ai longuement hésité entre le tigre, le hamster et la sourie pour finalement craquer pour le loup. Mon achat effectué je suis allé avec Benoit passer un peu de bon temps dans le Gaming Center situé juste en face, histoire de ne pas être venu jusqu'à Shinjuku pour un bête costume (c'est le cas de la dire). Finalement on a faillit finir Silent Hill 3 et rater le dernier métro. On a d'ailleurs du abandonner la partie en cours et courir comme des fous en passant pour les bon Gaijins que nous sommes auprès des Japonais dans la rue. J'espère au moins que l'on a fait un heureux en laissant une partie en cours...

Le Festival c'est l'occasion pour les 200 associations de Spohia qui y participent de se constituer une cagnotte pour l'année à venir.

Les cours sont passés assez vite Jeudi puisqu'un grand nombre d'élèves étaient déguisés, pour le plus grand bonheur des professeurs. Et faire des exercices de Japonais avec une écolière aux jambes poilues et un panda est quand même plutôt divertissant. Sinon l'américain de mon club de Basket qui est aussi en cours de Bouddhisme avec moi était déguisé en un Luke Skywalker plus vrai que nature, avec un petit haut parleur qui diffusait la musique de Star Wars quand il se promenait dans le campus. Priceless.

Le moyen le plus simple d'arriver à vendre reste encore de proposer de la nourriture. Et c'est ce que faisaient les trois quarts des stands de la rue principale du campus.

Le soir je suis allé à la soirée Halloween de Sophia qui a tenu ses promesses. J'y ai croisé le Jocker de "The Dark Knight" qui s'est révélé être un élève de Science po du campus de Poitier (quelle révélation pour les fans ! L'ennemi juré de Batman est français !) et pas mal d'autres costumes très cali dont "No face" de Chihiro très flippant...

Ma barquette de poulpe séché et de boules de riz avec sauce amère en préparation. C'était très bon !

Mon costume de loup a aussi eu un succès du tonnerre, tout les Japonais le trouvaient trop KAWAIIII et voulaient toucher mon museau et se prendre en photos avec moi. Du coups il y a une bonne trentaine de photos de moi (sans rire) qui circulent probablement sur Facebook et que je ne verrais jamais. Une chose est sure, je ne regrette pas l'investissement. En plus maintenant il me sert de robe de chambre le matin pour prendre mon petit déjeuné, et comme Benoit et Jan (le Belge) ont aussi un costume d'animal on va se faire des "animal nights" histoire de sortir déguisés pour le fun. Un crocodile, un loup et un renard dans le métro ça devrait envoyer du lourd dans le genre "les gaijins sont fous".

Je n'ai pas résisté, quand j'ai recroisé Mademoiselle Stitch rose j'ai demandé un autographe et une photo.

Vendredi commençait le fameux "Sophia Festival" et mon week end de quatre jours ! C'est de là que viennent les photos de ce post, du Vendredi soir puis du Samedi après midi. Se lever vendredi "matin" (hem hem) a été un peu dur, alors histoire de ne pas perdre complètement ma journée je suis aller à Sophia voir ce que donnait ce fameux festival. Vendredi soir il n'y avait pas grand monde mais beaucoup de gens déguisés qui me donnaient des bonbons à chaque fois que je les prenaient en photos (à croire qu'ils avaient mal compris le principe du trick or treat...).

L'intersection des deux rues du campus. J'adore la pose du Japonais au premier plan.

Il y avait aussi un concours de danse avec du très gros niveaux et deux concerts. J'ai réussi à filmer un de tout. Je vous met ça sur Picasa avec toutes les photos du festival. A voir entre autre mes premiers essais de "light painting" avec les bâtons fluorescents qui étaient distribués pendant les concerts. Entre les concerts et l'annonce des résultats du concours de danse (un vote était organisé avec une efficacité remarquable, bulletins de votes, urnes ambulantes et tout) un des temps fort de la soirée a été la distribution à volonté de nourriture et de boisson pour les valeureux spectateurs, avec pour seule règle "all you can carry, you may use your bag". Hallucinant. L'ambiance était d'ailleurs excellente et j'ai même retrouvé Tim dans la soirée. On a pas pu s'empêcher de remarquer qu'on était entourés de jolies filles et qu'on étaient les seuls Gaijin sur l'ensemble du campus...

Une fin d'après midi à Yotsuya Station, la station de métro de Sophia.

Incroyable j'ai réussi à tenir tout un post avec juste Halloween ! Il faut bien que je dilue un peu l'information si je veux réussir à mettre toutes mes photos... Aller, on repars tout de suite avec l'incroyable "Meiji Shrine !".