jeudi 27 novembre 2008

Shinjuku Metropolitan Government Office

Oui je sais, j'ai pas assuré les posts ces derniers jours (semaines, mois, années ?) mais comme mentionné précédemment j'ai eut des mid-terms exams et rien qu'hier j'ai veillé jusqu'à 6h du matin pour finir mon mid-term paper sur le Bouddhisme. Mais maintenant c'est bon, je n'ai plus de travail jusqu'à fin janvier ! Par contre je ne reviendrais probablement plus jamais à un rythme aussi soutenu qu'au début, parce que je tiens à ce que mes posts restent intéressants à écrire et à lire. Comme je commence à bien m'habituer aux petites bizarreries japonaises du quotidien, maintenant il me faut du lourd, du scoop, pour que je me mettes à trier mes photos. Mais rassurez-vous ! Non seulement j'ai encore quelques photos en réserve, mais en plus j'ai bien l'intention de vivre autant de "scoops" que possible tant que je suis ici ! Bon, sur ce entrons dans le vif du sujet, Shinjuku (encore ?).

Une petite rue à côté de chez moi, très animée la nuit !

Non, pas "encore", parce qu'un des trucs chouette à Tokyo c'est que chaque quartier est tellement gigantesque qu'on peut le visiter trois fois de suite et ne jamais voir deux fois la même chose. En l'occurrence j'avais un week end de trois jours et je voulais en profiter pour sortir un peu de Tokyo et enfin voir le Japon profond. Mon colloc Jai a suggéré Nikko, à deux heures en train de Tokyo c'est une ville inscrite au patrimoine mondiale de l'Humanité et c'est là que l'on peux entre autre admirer les fameux trois singes : "To see no evil, to speak no evil, to hear no evil". Après quelques rapides recherches j'ai appris qu'une sorte "d'office du tourisme du Japon" se trouvait à Shinjuku, dans le Metropolitan Government Office, et j'ai décidé d'aller m'y renseigner pour mon escapade du lendemain à Nikko.

Le côté "nature" de Shinjuku. L'entrée du parc dont il est question dans le post est visible tout au fond derrière la camionnette blanche.

La première bonne surprise était que le centre en question était ouvert jusqu'à 18h30, une performance dans un pays où tout ferme à 16h, et ce un dimanche, veille d'un jour de congé nationale qui plus est. Le MGO (vous avez compris, sinon conférer le titre du poste et buvez un peu de café) est situé dans un coin de Shinjuku où je n'ai pas l'habitude d'aller, plein de buildings et de grands hôtels légèrement excentré par rapport aux restaurants, bars et autres lieux de divertissement auxquelles ont s'attend dans le coin. C'est l'un des gratte-ciel les plus impressionnant du coin, avec un observatoire ouvert au public et gratuit au dernier étage. Evidement ça je ne l'ai appris qu'après... Enfin j'y retournerais de toute façon.

Le MGO. Ici on ne voit qu'une seule des deux tours qui le composent.

En effet j'ai été très bien accueilli au centre pour touristes par une charmante hôtesse qui s'est révélée très efficace, bien documentée et rapide ! Je n'ai même pas eut besoin d'attendre, il y avait plus d'employés que de visiteurs. Ma mission rondement menée je me suis retrouvé dans ce coin un peu paumé de Shinjuku avec deux heures à tuer. En effet j'avais rendez vous pour le diner dans un Izakaya nomihodai de Shinjuku et je ne voulais pas faire l'aller-retour. Du coup je me suis promené un peu au hasard et j'ai finalement trouvé un grand parc très agréable.

Une photo prise avant que je comprenne ce qu'il se tramait ici. Elle m'a attiré pas mal de regards réprobateurs.

J'ai fait plusieurs rencontres étranges dans ce jardin une fois la nuit tombée. Tout d'abord j'ai croisé un groupe d'Ojiisan (Grands-pères) en train de jouer au Shogui à la lumière des réverbères. Le Shogui est l'équivalent japonais des échecs, qui serait apparemment encore plus tactique. Il faisait vraiment très froid et j'étais surpris de les voir très peux couverts, immobiles à jouer sous la lumière blafarde de l'éclairage public du parc. Au début je n'osais pas trop m'approcher mais ils se sont finalement montrés très accueillants et m'ont fait une petite place pour que je puisse aussi profiter des parties en cours.

Le très "hype" lobby du Hyatt Hotel. Les trois colonnes noires à droite ce sont les ascenseurs.

Je suis heureusement arrivé peu de temps avant la fin de la partie (il faisait vraiment froid) et mes Ojiisan ont remballé leur matériel et sont partis tous ensembles vers une destination inconnue pendant que moi-même entrait dans ce qui ressemblait à une galerie d'art perdue au milieu des bois. Finalement il s'agissait plutôt d'une "maison de la culture" où s'activaient toutes les mères du quartier à s'échanger ragots et bons plants en faisant semblant d'admirer les quelques toiles suspendues aux murs blancs. En poursuivant ma ballade au hasard des sentiers je suis tombé sur un attroupement très étrange illuminé par des grands projecteurs. En m'approchant un peu je me suis rendu compte qu'il n'y avait quasiment que des personnes âgées, faisant la queue pour une raison qui m'échappait encore.

L'esthétique si particulière de certaines publicités japonaises... J'en ajouterais une autre qui m'a bien fait rire avec une vidéo.

J'ai finit par repérer mes Ojiisan de tout à l'heure dans l'attroupement, et j'ai compris pourquoi ils étaient là. Il s'agissait en fait d'une distribution gratuite de vêtements chauds pour les plus démunis, presque exclusivement des grands-pères comme mes paisibles joueurs de Shogui. Ca m'a fait tout chose. La situation des personnes âgées au Japon est souvent dramatique, et ça me fait toujours bizarre de voir un vieux grand-père cassé en deux avec un manteau usé jusqu'à la corde et des chaussures trop grandes entrer dans un Hyakuen shop pour acheter les même nouilles premier prix que moi... Sauf que moi j'ai un manteau chaud à ma taille et je fais ça pour pouvoir me payer des sorties en dehors de Tokyo.

L'Izakaya. Le sol est en tatami, on s'assoit par terre en glissant ses jambes sous la table. Notez la petite tellière décorative, so authentic !

Après cet épisode un peu déprimant je suis entré dans un tout autre monde en passant devant le Hyatt Hotel où loge Bill Muray dans Lost in Translation. Je n'ai pas résisté à la tentation et en prenant un air très digne je suis entré dans le lobby pour visiter l'endroit. Et je n'ai pas été déçu, entre les restaurants et bars ultra branchés j'ai pu profiter des conversations des business man américains qui blaguaient bruyamment avec leur hôtes japonais plus policés (personne n'est à l'abris des clichés, et surtout pas les business man américains hu hu hu). Prenant mon courage à deux mains je suis monté dans l'ascenseur panoramique donnant accès aux chambres et je suis monté jusqu'au dernier étage pour admirer la vue. Par contre je n'ai pas réussi à trouver le fameux bar où Bill Murray rencontre Scarlett Johansson, apparemment parce que j'ai pris le mauvais ascenseur... Une fois encore il faudra peut être que j'y retourne.

Les interminables quais du métro, à faire pâlir la SNCF.

Finalement l'heure de mon rendez-vous est arrivée et on s'est retrouvés à une dizaine dans un Izakaya pur jus pour profiter de deux heures de Nomihodai, que du bon ! Je ne connaissais que l'organisateur de la soirée et mon colloc Tim donc j'ai en plus rencontré pas mal d'autres étudiants en échange. Après l'Izakaya j'ai essayé pour le première fois le bowling à Tokyo pour me rendre compte que c'est non seulement très bon marché (3 parties pour 10 euros) mais qu'en plus l'ébriété y est tolérée voir prônée, ce qui rend le challenge d'autant plus intéressant !

Ici les gens font la queue de manière disciplinée devant les emplacements désignés à cet effet. Enfin, ça se bouscule quand même un peu au moment d'entrer dans le wagon.

Par contre les animations sur les écrans au-dessus de la piste sont en pixels verts unicolores et ne valent pas du tout celles du bowling d'Olonne-sur-mer, et ça en pleins centre de la "capitale de la technologie" ça fait tache. L'expérience était quand même très concluante et vous pouvez trouver les photos de la seconde session de "drunken bowling" organisée la semaine suivante sur facebook. Pendant le voyage du retour j'ai réussi à prendre quelques photos du métro JR de Tokyo dont je ne suis pas peu fier. Cherchez bien, il y a pas mal de détails amusants dans chacune des photos, saurez-vous les trouver ?

Mais qu'est-ce qu'il me veut ce Gaijin avec son appareil photo ?

C'est vrai que ça faisait longtemps ! Bon je vais manger et je vous met deux petites vidéos surprises en ligne. Après on verra si je refais un gros poste ou pas, mais rien n'est moins sur dans la mesure où je n'ai dormis que 3 heures la nuit dernière. Certes sur la fin j'avais l'impression d'avoir atteint le Nirvana et ce matin en cours de japonais j'avais l'impression d'être complètement ivre mais je ne tiens pas à reproduire l'expérience plus souvent que nécessaire.

1 commentaire:

Patator a dit…

La grande tour que t'appelles MGO, on dirait la mairie de Tokyo.